Le vinaigre des 4 voleurs

 

 


 

Au début du XVIIIe siècle, durant les années 1720 et 1721, les habitants de Marseille furent saisis d'effroi face à une vague de peste qui décima la ville.

Cette période gravée dans les mémoires comme celle de la grande peste de Marseille, a inspiré des oeuvres remarquables dont un tableau de Jean-François de Troy, reproduit ici.

C'est dans ce contexte qu'est apparu "le vinaigre des quatre voleurs" et parmi plusieurs récits, voici celui qui nous semble le plus conforme avec les usages du temps :

Quatre voleurs purent approcher sans danger un grand nombre de pestiférés et, sous prétexte de les soigner, ils les dépouillaient de leurs biens.

Ils purent ainsi procéder impunément, sans contracter la maladie.

Plus tard, lorsqu'ils seront arrêtés, l'un d'eux échappera aux galères en révélant la composition du vinaigre qu'ils confectionnaient pour se prémunir de la contagion.

Ils rassemblaient en parties égales les sommités fraîches de plantes aromatiques dont la sauge, la menthe, le romarin, l'absinthe (grande et petite) avec les sommités fleuries et les fleurs de la lavande.

En quantités moindres (dans une proportion de un à dix), ils ajoutaient les "espices" dont la cannelle, le clou de girofle, la muscade avec calamus et ail.

Tous les ingrédients étaient "mis en digestion" pendant deux semaines dans un fort vinaigre, puis nos quatre "Arsène Lupin, Thym, Plantain et Romarin" devaient filtrer le vinaigre qu'ils complétaient avec un mélange de camphre et d'eau de vie.

Ce vinaigre composé, qui contient les vertus antiseptiques des plantes décrites, est à utiliser en eau aromatique avec le bain ou en vinaigre de toilette pour les soins de la peau et notamment du visage.