Vertus d'une eau miraculeuse

L'Eau de la Reine de Hongrie

On pense que c'est en 1370 qu'apparait l'eau de la reine de Hongrie, une eau distillée des sommitées fleuries du romarin. L'ancêtre de cette eau existait déjà dès le XIVe siècle sous forme de fleurs et de feuilles macérées dans une eau de vie à faible titre, sorte de teinture qu'Arnaud de Villeneuve assimilait dans le jargon alchimiste à "l'or potable".

                                                   Extrait du livre "Parfums et Senteurs du Grand Siècle" d'André Chauvière

 

 

La légende raconte que la reine de Hongrie reçut cette eau merveilleuse des mains d'un ange et que faisant de celle-ci un usage intensif  tout au long de sa vie elle lui conserva sa beauté. Ainsi, c'est grâce à elle qu'elle fut demandée en mariage par le prince de Pologne alors qu'elle était âgée de 73 ans !

Or, l’appellation " Eau de la Reine de Hongrie " n’apparaît qu’à partir de 1639. Aussi décevant que cela puisse être, il semblerait que cela puisse être "une opération publicitaire qui parait s'appuyer sur la vie des Cours galantes de Pologne et de Hongrie au XIV° siècle. L’invraisemblance de l’histoire de ‘’l’Eau de la Reine de Hongrie’’ résiderait dans le fait que le fils, Louis ‘’Le Grand’’ alors roi de Pologne, aurait demandé la main de sa mère, Elisabeth reine de Hongrie...!!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La gloire de l'Eau de la Reine de Hongrie

 

Madame de Sévigné parle abondamment de l'Eau de la Reine de Hongrie dans ses lettres à sa fille : «Elle est divine, je vous en remercie encore ; je m’en enivre tous les jours : j’en ai dans ma poche. C’est une folie comme le tabac : quand on y est accoutumée, on ne peut plus s’en passer. Je la trouve bonne contre la tristesse.... » (16 octobre 1675).

« … A force de me parler de torticolis, vous me l’avez donné. Je ne puis remuer le côté droit ; ce sont  ma chère enfant, de ces petits maux que personne ne plaint, quoiqu’on ne fasse que criailler… Votre eau de la Reine de Hongrie m’aura guérie avant que cette lettre ne soit à Paris… » (17 janvier 1676).

 

Charles Perrault, célèbre pour ses contes, témoigne de la renommée de l'Eau de la Reine de Hongrie dans le célèbre conte de la Belle au bois dormant :  « Elle n'eut pas plus tôt pris le fuseau, que comme elle était fort vive, un peu étourdie, et que d'ailleurs l'arrêt des fées l'ordonnait ainsi, elle s'en perça la main, et tomba évanouie. La bonne vieille, bien embarrassée, crie au secours : on vient de tous côtés, on jette de l'eau au visage de la princesse, on la délace, on lui frappe dans les mains, on lui frotte les tempes avec de l'eau de la reine de Hongrie; mais rien ne la faisait revenir. »